Saviez-vous
que les pharmaciens égyptiens faisaient absorber à
leurs malades de la "poussière d'os de médecin"
? (*) Les médecins des pharaons avaient constitué
les éléments d'une pharmacie primitive. On y trouvait,
par exemple, les excréments de l'oiseau Keunut" et
le "sang du serpent Sanit".
Pour
les préparations, les pharmaciens mettaient dans leurs
mortiers de la chair vive, du fiel de boeuf, du sang d'antilope,
le coeur d'un oiseau, du poil de cerf, du lait de femme accouchée
d'un garçon, de la fiente de lion, de la cervelle de tortue
et du vieux papyrus bouilli dans l'huile . . .
Tout
cela, convenablement dosé, pilé et mélangé
faisait paraît-il un excellent remède contre les
troubles digestifs.
En
Chine, au XXXVIe siècle avant Jésus-Christ,
on croyait que l'art de la médecine consistait à
utiliser des médicaments ressemblant aux organes malades.
C'est ainsi que les haricots servaient à soigner les affections
rénales, que les vers luisants entraient dans la composition
des collyres, qu'on usait de boutons de rose pour les maux de
tête et de racines pour les cors aux pieds.
Les
Grecs, y compris Esculape dont le nom est encore vénéré
par les savants modernes, guérissaient les verrues au moyen
d'un baume composé de crottes de chien blanc et d'huile
rosat. Contre les hémorroïdes, il ordonnait un petit
remède très simple pour l'époque dans lequel
se trouvaient de la sueur de vache, de la cendre de tête
de chien, du miel rosat et de la peau de serpent macéré
dans du vinaigre.
À
Rome, les pharmacopoles composaient des drogues non moins appétissantes
avec du fiel de hérisson, de la graisse de tortue "recuillie
le 15 de la lune" et des yeux de grenouilles arrachés
"au moment de l'accouplement". Pour les maux d'estomac,
on ordonnait une potion qui contenait du sang menstruel, de la
cervelle d'homme et des ongles râpés . . . D'autres
ordonnaient des remèdes dans la composition desquels on
trouvait des excréments, de l'urine, du sperme.
Bref,
la médecine tâtonnait encore . . .
Extrait
de "Curieuses histoires de l'Histoire" de Guy Breton

(*)
Note personnelle : De la "poussière d'os de médecin
" ! ? ! Avant
d'avaler ça, j'aimerais d'abord savoir de quel médecin
il s'agit ! . . .