

Depuis
belle
lurette,
on
associe
le
mois
d'octobre
à
l'Halloween,
aux
citrouilles
et
à
toutes
ces
choses
étranges
qui
nous
effraient
la
nuit.
Mais
les
légendes
tirent
généralement
leur
origine
de
phénomènes
bien
réels,
et
les
mythes
entourant
la
fête
de
l'Halloween
ne
font
pas
exception
à
cette
règle:
ils
reposent
en
grande
partie
sur
l'astronomie
celte.
Il
y
a
2500
ans,
les
peuples
celtes
dominaient
une
grande
partie
de
l'Europe:
leur
religion,
véritable
culte
de
la
nature,
eut
donc
une
profonde
influence
sur
la
culture
européenne.
Pour
les
Celtes,
le
cycle
céleste
des
saisons
revêtait
une
importance
capitale
car
il
était
intimement
lié
au
cycle
terrestre
de
la
vie
et
de
la
mort.
Mais
contrairement
à
la
pratique
en
vigueur
de
nos
jours,
les
Celtes
considéraient
que
les
équinoxes
et
solstices
marquaient,
non
pas
le
début
mais
le
milieu
des
saisons.
Ils
célébraient
ainsi
la
mi-été
et
la
mi-hiver
aux
solstices,
et
la
mi-automne
et
la
mi-printemps
aux
équinoxes.
La
fin
d'une
saison
et
le
début
d'une
autre
tombait
donc
quelque
part
entre
les
deux
:
ainsi,
pour
les
Celtes,
la
fin
de
l'automne
survenait
le
31
octobre,
tandis
que
l'hiver
arrivait
le
premier
novembre!
Pour
les
Celtes,
le
1er
novembre
était
bien
plus
que
le
premier
jour
de
l'hiver:
c'était
également
le
début
de
la
nouvelle
année.
Conséquemment,
le
31
octobre
marquait
la
fin
(la
mort)
de
la
vieille
année.
Les
Celtes
croyaient
que,
ce
jour-là,
les
âmes
de
tous
les
défunts
de
l'année
étaient
libérées
avant
de
passer
enfin
dans
l'au-delà.
C'est
ainsi
qu'on
en
est
venu
à
associer
le
31
octobre
aux
démons...
et
à
toutes
ces
choses
qui
nous
effraient
!

Minuit,
l'heure
des
sorcières
Les
nuits
d'octobre
comptent
leur
part
de
curiosités
astronomiques
parfois
étranges.
Après
la
tombée
de
la
nuit,
un
amas
compact
mais
brillant
d'étoiles
apparaît
au-dessus
de
l'horizon
Est.
Nous
le
connaissons
sous
le
nom
des
Pléiades,
ou
les
sept
soeurs
:
les
sept
filles
d'Atlas.
Mais
d'autres
cultures
y
voyaient
des
choses
beaucoup
plus
inquiétantes.
Dans
les
légendes
des
nations
amérindiennes
Cheyenne
et
Kiota,
cet
amas
symbolisait
la
Tour
du
Diable,
un
monument
naturel
situé
dans
l'état
du
Wyoming.
Et
dans
le
folklore
russe,
les
Pléiades
représentent
Baba
Yaga,
archétype
de
la
vieille
sorcière,
qui
parcourt
le
ciel
sur
son
balai.
Plus
sinistre
encore,
il
y
a
1500
ans,
au
moment
où
les
druides
offraient
leurs
sacrifices
pour
assurer
la
bonne
transition
de
l'automne
à
l'hiver
(à
minuit
le
31
octobre),
les
Pléiades
occupaient
le
centre
du
ciel.
Bien
des
siècles
plus
tard,
au
Moyen-âge,
la
culmination
des
Pléiades
à
minuit
signalait
le
début
du
sabbat
des
sorcières...

Algol,
l'étoile
du
diable
Un
peu
au-dessus
des
Pléiades,
on
retrouve
la
constellation
de
Persée,
un
héros
de
la
mythologie
grecque.
Persée
avait
tué
Méduse,
la
Gorgone,
en
lui
tranchant
la
tête;
un
exploit
audacieux,
car
il
suffisait
que
votre
regard
croise
celui
de
la
Gorgone
pour
être
instantanément
changé
en
pierre.
Après
la
tombée
de
la
nuit,
au-dessus
de
l'horizon
Est,
alors
que
le
vent
hurle
dans
les
branches
dénudées,
on
peut
apercevoir
Persée,
la
tête
de
Méduse
à
la
main.
L'oeil
de
la
Gorgone
est
représenté
par
une
étoile
variable
appelée
Algol
(l'étoile
du
diable).
À
tous
les
trois
jours
environ,
la
luminosité
d'Algol
diminue
de
moitié,
puis
retrouve
son
éclat
normal,
le
tout
sur
une
période
de
quelques
heures
seulement.
Vous
pouvez
observer
Algol
à
son
éclat
minimum,
puis
revenir
lentement
à
sa
brillance
normale.
Tiré de
l'article
de Louie
Bernstein,
animateur
au Planétarium
de Montréal
http://www.planetarium.montreal.qc.ca
Paru
dans
le
Journal
La
Presse,
le
29
septembre
2002.