Florence Nightingale

 

Elle est née le 12 mai 1820 et doit son nom à la cité italienne où elle vit le jour. Florence ne ressemblait pas vraiment aux autres membres de sa famille. Elle n'avait pas réellement le tempérament de son père, William Edward Nightingale, par contre, elle avait son génie. Elle ne ressemblait pas non plus à sa magnifique maman Fanny dont la plus grande ambition était de "briller en société". Sa soeur Parthenope ne partageait avec sa soeur qu'un talent : le pouvoir de devenir malade quand elle était contrariée. Elle voulait asservir Florence, comme Florence voulut plus tard asservir les autres. Il y avait un amour du pouvoir chez les femmes de la famille Nightingale.

En 1838, les parents amenèrent leurs deux filles vivre à l'étranger, Florence étant destinée, semble-t-il à répondre à l'appel matrimonial avec un succès spectaculaire. Grande, svelte, avec une peau blanche, des yeux gris pétillants et une magnifique chevelure chatain clair, elle aurait été parfaite pour accompagner n'importe quel homme public sur le chemin de la gloire et de la fortune. Mais Florence avait besoin d'autres occupations que broder et jouer des quadrilles au piano. Elle convainquit sa mère de lui laisser suivre des cours de mathématiques qui firent d'elle plus tard une spécialiste en statistiques.

La misère causée par la famine des anées 40 en Angleterre, lui fit réaliser au moins que sa vocation se situait quelque part entre les pauvres et les opprimés. Ceci était évident depuis sa visite dans les quartiers défavorisés autour des établissements de son père dans le Hampshire. Fanny offrait de la soupe et un peu d'argent aux déshérités mais elle craignait l'infection, et Florence n'avait la permission que des visites conventionnelles de la "dame de bienfaisance". Il lui était défendu d'entrer dans les maisons quand le besoin était le plus grand car elle aurait pu elle-même tomber malade. Ce fut après son 24e anniversaire qu'elle découvrit sa vraie vocation. Néanmoins, il y eut encore neuf ans à attendre. Le grand délai entre 1844 et son actuel nursing peut être en partie dû à l'inquiétude de Miss Nightingale. Elle décida donc d'investir toutes ses énergies dans le soin des malades parce que c'était une occupation "naturelle" et acceptable pour une femme de son rang et de sa classe.

Au début du XIXe siècle, une "infirmière"était simplement une femme qui s'occupait d'un malade, son enfant ou un proche parent. Il y avait des infirmières dans les hôpitaux mais les hôpitaux à cette époque étaient plutôt des refuges où allaient mourir les pauvres et les soins comme tels n'existaient guère. Pour améliorer les soins hospitaliers, il fallait d'abord transformer le métier d'infirmière et pour rendre ce métier acceptable aux médecins et aux femmes de "bonne réputation", il fallait montrer une autre image au public. Florence Nightingale mit sa marque dans les hôpitaux du front durant la guerre de Crimée. Elle remplaçait les vieilles cantinières par des femmes d'âge mûr, disciplinées et sobres.

La nouvelle infirmière se dévouant corps et âme au chevet des blessés capta l'imagination populaire. De véritables écoles d'infirmières ouvrirent leurs portes en Angleterre après la guerre de Crimée. Les étudiants en médecine avaient besoin de bons hôpitaux pour leurs études; les bons hôpitaux (les médecins s'en rendaient de plus en plus compte) avaient besoin de bonnes infirmières.

Au début, les médecins étaient un peu sceptiques vis-à-vis des émules de Florence Nightingale, il s'agissait peut-être d'un nouvel essai des femmes pour s'infiltrer dans la médecine. Mais ils furent bien vite conquis par l'obéissance aveugle des nouvelles infrmières (Nightingale était quelque peu obsédée sur ce point). Quand elle arriva en Crimée avec ses nouvelles recrues, les médecins les ignorèrent complètement. En dépit des milliers de soldats malades ou blessés, Nightingale ordonna alors à ses infirmières de ne plus lever le petit doigt tant et aussi longtemps que les médecins n'en donneraient pas l'ordre. Impressionnés, ceux-ci eurent vite fait de revenir sur leur décision. Pour nos médecins du XIXe siècle, attaqués de toutes parts, les infirmières étaient des envoyées de Dieu.

Même aujourd'hui, un siècle plus tard, en dépit de plusieurs études et recommandations pour améliorer le statut des infirmières, la société tend à percevoir le Nursing et les infirmières telles qu'elles étaient initialement.

En 1859, Miss Nightingale écrivit pour ses étudiantes :"Les éléments qui constituent un bon Nursing sont autant la compréhension de la santé que de la maladie". C'est ce genre de philosophie qui contribua à établir la profonde influence de Miss Nightingale sur le Nursing. Ses idées sur la formation Nursing furent connues comme le "système Nightingale". Elle croyait que les infirmières devaient recevoir leur éducation dans des hôpitaux où on dispensait une formation médicale et que la formation devait comprendre de la théorie et de la pratique.

Florence développa une maladie durant la guerre de Crimée qui la laissa semi-invalide pour le reste de sa vie. Elle prit le lit à l'âge de 37 ans et le garda par longs intervalles durant 55 ans. Elle mourut en 1910 à l'âge de 90 ans.

En 1873, le Système Nightingale pour la formation des infirmières fut adopté aux États-Unis.

 

Extraits de :

"Eminent Victorian Women" de E. Longford " et de

"Sorcières, sages-femmes et infirmières" de B. Ehrenreich et D. English

 

 

 

 

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