
Le
clystère
Petits
conseils pratiques
À
partir du XVIe siècle, les deux grands remèdes
ordonnés par les médecins sont
: la saignée et le clystère. Et les apothicaires
sont chargés d'aller chez le malade donner le coup de
lancette ou de clystopompe.
Cette dernière opération, dont Molière
s'est tant amusé, prendra une importance considérable
dans la vie des gens aux XVIIe et XVIIIe siècles. Comme
elle est fort délicate, surtout avec les dames, des brochures
expliquent aux apothicaires novices comment ils doivent s'y
prendre :
"Le
malade doit quitter tout voile importun; il s'inclinera sur
le côté droit, fléchira la jambe en avant
et présentera tout ce qu'on lui demande, sans honte ni
fausse pudeur. De son côté, l'opérateur,
habile tacticien, n'attaquera pas la place comme s'il voulait
la prendre d'assaut, mais comme un tirailleur adroit qui s'avance
sans bruit, écarte ou abaisse les broussailles ou les
herbes importunes, s'arrête, cherche des yeux, et qui,
lorsqu'il a aperçu l'ennemi, ajuste et tire : ainsi l'opérateur
usera d'adresse, de circonspection, et n'exécutera aucun
mouvement avant d'avoir trouvé le point de mire.
C'est
alors que, posant révérencieusement un genou en
terre, il amènera l'instrument de la main gauche, sans
précipitation ni brusquerie, et que, de la main droite,
il abaissera "amoroso" la pompe foulante, et poussera
avec discrétion et sans saccades, "pianissiomo".
Tout
cela n'est-il pas dit de façon exquise ?
.
. .
Pour
en revenir à une époque plus près de nous,
vers 1849, le British Medical Journal écrit le plus sérieusement
du monde que, pour se purger, point n'est besoin d'avaler de
l'huile de ricin : il suffit de graisser avec la dite huile
ses chaussures et de les porter, voire même de les placer
au pied de son lit !
(Qu'est-ce
qu'un clystère ? . . . . . . . . Un lavement)
Extraits
de :